Comment nourrir l’humanité en 2050 ?
Entretien avec Gilles Fumey (propos recueillis par Chloé Rebillard)
in Les grands dossiers de Sciences Humaines
n° 69 – décembre 2022/janvier-février 2023
Auteur.e.s membre de l'UMR : Gilles Fumey
Axe(s) de recherche : Autre
Projet(s) transversal(aux) : Alimentation
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Alors que resurgit la peur de pénuries agricoles, peut-on deviner les évolutions futures des comportements alimentaires ?
Dans la conclusion de Manger local, manger global, vous annonciez un renouvellement des pratiques alimentaires dans les décennies à venir. Pouvez-vous revenir sur le modèle actuel et les évolutions que vous anticipez ?
Le modèle alimentaire mis en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale a été imaginé par des gens qui avaient connu les pénuries. Ils désiraient l’abondance alimentaire à l’américaine et ont fait le choix d’une artificialisation de la production agricole. Les céréales sont alors devenues de plus en plus des aliments du bétail, à l’origine de la viande industrielle, facile à transformer et conserver. En France, on tue 1 200 000 000 d’animaux chaque année. C’est intenable à long terme. L’industrie de la viande s’est emballée parce qu’en manger était valorisant socialement. Avec la crise environnementale, la mesure de l’empreinte carbone de l’alimentation a renversé cette vision.


