Antoine LIMARE
Militants nationalistes et nationaux français. Sociologie, itinéraires, mobilisations. Du début des années 1930 à la fin des années 1940.
Thèmes de recherche :
– Histoire politique de la France au XXème siècle
– Histoire des droites et du nationalisme
– Histoire de la Seconde Guerre mondiale (Vichy, collaboration, résistance)
– Histoire du militantisme politique et des radicalités
Le nationalisme a été l’une des grandes idéologies mobilisatrices du XXème siècle. En France, cette tendance politique apparaît dans les années 1880 et se structure autour de cercles, de mouvements, de partis mais surtout de ligues. L’entre-deux-guerres voit proliférer ces organisations. A la vieille Action française issue de l’Affaire Dreyfus s’ajoutent les Jeunesses Patriotes de Taittinger, les Croix-de-Feu du colonel de la Rocque, le Francisme de Bucard, la Solidarité française de Jean Renaud et le PPF de Doriot. Dans les années 1930, ces organisations nationalistes comptent plusieurs dizaines de milliers d’adhérents – voire plus d’un million dans le cas du Parti Social Français – et sont des forces politiques non négligeables. Celles-ci demeurent pourtant largement méconnues.
Longtemps, l’historiographie hexagonale comme étrangère a privilégié une approche sous l’angle du « fascisme français ». Les débats engagés dans les années 1980 à propos des grandes figures politiques ou intellectuelles ont peu à peu occulté l’étude des organisations en elles-mêmes. Surtout, les principaux protagonistes de ces mouvements – les militants – n’ont jamais fait l’objet d’une étude globale. A rebours des travaux sur les gauches, marxistes ou non, qui accordent systématiquement une place de choix à l’étude du militantisme, l’historiographie des droites nationalistes reste largement déficitaire à cet égard.
En constituant une vaste base de données comprenant plus de douze mille adhérents d’une dizaine de formations nationalistes, cette thèse a pour ambition d’offrir une analyse globale du militantisme nationaliste sous différents angles. L’analyse sociologie et démographique fait l’objet d’une première partie. Dans un second temps, on s’interroge sur la culture politique des nationalistes à travers les pratiques (violence, œuvres sociales), les acteurs (cadres, jeunes, femmes) et les grands enjeux de l’époque (6 février 1934, Front Populaire, fascisme, paix et guerre en Europe). La dernière partie est consacrée à l’étude des nationalistes durant la guerre. A travers des figures choisies et des itinéraires bien renseignés, on analyse le rattachement des militants à Vichy, au collaborationnisme ou à la Résistance. L’épilogue final permet d’observer les reclassements militants après 1945 et de s’interroger sur la recomposition des milieux nationalistes à la Libération.
Ouvrages en préparation :
– Les nationalistes français. Des années 1930 aux années 1950, Paris, Le Cerf.
– Un fascisme français. Marcel Bucard et le Francisme, Paris, Le Cerf.
Chapitres d’ouvrages collectifs :
– « De la gauche française au fascisme européen. Itinéraires politiques et intellectuels de miitants du RNP. (1941-1945 », dans Christophe Bourseiller et Frédéric Attal (dir.), D’un extrême l’autre. Dynamiques et convergences rouges-brunes (XIXè-XXème siècle), Paris, Le Cerf.
– » L’Action française en Seine-Inférieure : Persistance et mutations d’un courant minoritaire (1905-1945) », dans Olivier Dard (dir.), Figures, groupements et combats d’un siècle d’Action française, Presses Universitaires de Chambery.
– » La violence politique en guerre civile. Perceptions et discours sur l’usage de la torture par la Milice en France (1944-1945) » dans Valérie Dubslaff (dir.), La violence dans l’espace politique, Paris, Institut historique allemand.
– » Le Francisme et le fascisme italien. Une relation mutuellement intéressée. » dans Stéphane Mourlane, Pierre-Louis Buzzi et Pietro Pinna (dir.), Le fascisme italien en France, Nice, Mimed.
Communications :
– « Dialogue de vaincus. L’imaginaire politique des épurés dans les prisons de la Libération », Journée d’étude des jeunes chercheurs de la SFhPO, Université de Dijon, octobre 2023.
– « La violence politique en guerre civile : perceptions et discours sur la violence de la Milice en France (1944-1945) », Colloque de l’Institut Historique Allemand de Paris, novembre 2023.
– « De la gauche française au fascisme européen. Itinéraires politiques de dirigeants et militants du RNP (1941-1944) », Colloque de l’Observatoire des Extrémismes et des signes émergents, Université de Valenciennes, décembre 2023.
– »La violence extrême comme moyen de répression politique. Usage et langage de la torture : l’action du SPAC-SRMAN », Colloque international, Dire les violences extrêmes. Traductions, verbalisations et figures du silence, Université de Créteil, juillet 2024.
– « Quand les fascistes caricaturent les antifascistes. La caricature d’extrême droite contre le Front Populaire », Journée d’études : Regards satiriques sur les gauches au pouvoir. France-Europe (premier XXème siècle), Sciences-Po Lyon, novembre 2024.
– » L’antidémocratisme comme héritage politique. Continuités et mutations du discours antidémocratique chez les collaborateurs et fascistes français de la Libération aux années 1950″, Journée d’études de Next Right, « Extrême droite et Démocratie en Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Coexistences, Contrastes, Contradictions », Campus Aubervilliers, mai 2025.
– » Les fascistes français : entre militantisme nationaliste et mimétisme fasciste. Le cas des militants du PPF et du Francisme (1934-1944) « , Journée d’études de l’Université de Franche-Comté, » Militer au quotidien : Hommes et femmes dans les partis et organisations fascistes au temps des dictatures en Europe de l’entre-deux-guerres à la fin de la Seconde Guerre mondiale », octobre 2025.
– « L’anticommunisme : des paroles aux actes. Discours, justification et usage de la violence anticommuniste chez les nationalistes français au temps du Front Populaire », Colloque « L’ennemi rouge », Université Paris Cité et EHESS, mars 2026.
Articles :
– « Les catholiques de Seine-Inférieure face à la condamnation de l’Action française par le pape en 1926 », Annales de Normandie, Vol. 72, n°1, 2022, pp. 165-185.
– « Entre nationalisme, fascisme et ambition politique. L’itinéraire du Franciste André Rainsart », 20 & 21. Revue d’Histoire, Vol. 155, n°3, 2022, pp. 3-21.
– « Bucard ou Rainsart ? La crise du parti Franciste au printemps 1944 », Les Amis de l’Hémicycle, n°112, 2023, pp. 4-25.
– « La Cagoule : un réseau nationaliste au temps du Front populaire. L’exemple du milieu « cagoulard » haut-normand », Histoire @Politique, Vol. 50, 2023, pp. 1-17.
– « Les Amis du Maréchal. Un mouvement entre pétainisme et collaboration. L’exemple de la ville de Rouen (1940-1945)», Les Amis de l’Hémicycle, n°114, 2024, pp. 4-25.
– « Des « vaincus » en prison. Imaginaire et discours de collaborateurs épurés à la Libération », Histoire@Politique, Vol. 52, 2024, pp. 1-17.
– « De collaborateur français à espion allemand. Les brigades bleues de l’école d’espionnage franciste d’Hubacker », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 295, 2024, pp. 105-124.
– « » A bas Marianne ! » Les collaborationnistes contre la symbolique républicaine durant l’Occupation », 20 & 21. Revue d’histoire, n°165, 2025, pp. 23-41.
– « Du nationalisme français au combattant européen. L’itinéraire politique de Jean Bassompierre », Parlement[s], à paraître.
– « Des auxiliaires français au service des Allemands. Les Groupes d’action pour la justice sociale du PPF. L’exemple de la ville de Rouen », Guerres mondiales et conflits contemporains, à paraître.
Recensions :
– « Passera Françoise et Quellien Jean, Les Normands dans la Guerre. Le temps des épreuves (1939-1945), 20 & 21. Revue d’histoire , n° 153, 2022, pp. 178-179.
– Emmanuel Aujogue, La boutique et le plastic. Le poujadisme dans les Alpes-Maritimes (1955-1962), Histoire@Politique, 2025, [à paraître].
– Baptiste Roger-Lacan, Le roi. Une autre histoire de la droite, Cahiers Jean Jaurès, 2025 [à paraître].
Compte-rendus :
– « Passeurs culturels et politiques du fascisme italien en Europe (1922-1943), 20 & 21. Revue d’Histoire, n°159, 2023, pp. 191-193.


