Monde(s) – numéro 17
Tristes trophées.
Objets et restes humains dans les conquêtes coloniales au XIXe siècle
sous la direction de Lancelot Arzel et Daniel Foliard
Lancelot Arzel et Daniel Foliard
Introduction – objets et restes humains dans les conquêtes coloniales (XIXe-début XXe siècle)
Leonor Faber-Jonker
Anthropological Specimens or War Trophies ? The Practice of Collecting and Studying Human Remains of Victims of the Herero and Nama Genocide in German South West Africa, 1904-1908
Felicity Bodenstein
Une typologie des prises de butin à Benin City en février 1897
Lancelot Arzel
Les « sanglants trophées » de la conquête. Découpe des corps et guerres coloniales dans l’État indépendant du Congo fin XIXe siècle- début XXe siècle
Daniel Foliard
La tête de Rabah et le crâne du Mahdi. Histoire croisée de trophées coloniaux français et britanniques
Kim A. Wagner
Entre science et sauvagerie. Crânes-trophées et pratiques de collecte dans l’Empire britannique au XIXe siècle
Jennifer Sessions
Horace Vernet’s Tête Arabe: The Artist as Colonial Collector
Débat autour d’un livre
Ricardo Roque, Headhunting and Colonialism. Anthropology and the Circulation
of Human Skulls in the Portuguese Empire, 1870‐1930 (Basingstoke, Palgrave Macmillan 2010)
Nadia Vargaftig, Julien Bondaz
Varia
Blaise Truong‐Loï
« L’union sacrée de la finance et de la diplomatie » ? Banquiers et diplomates européens en Chine à la fin de la dynastie Qing, 1895‐1913
Bronzes de Benin City, objets royaux du Dahomey, crânes de résistants algériens, congolais et malgaches, cheveux du négus d’Abyssinie… En réponse aux débats actuels et à travers une lecture historique, ce numéro propose d’aborder frontalement la question des pratiques de collecte d’objets et de restes humains dans le contexte des conquêtes coloniales du début du xixe siècle à la veille de la Première Guerre mondiale. Croisant les expériences de différents empires européens, le retour au terrain proposé permet de montrer la centralité des guerres coloniales et la transformation concomitante de ces artefacts et restes humains en « trophées ».
Ce numéro soulève aussi l’importance des émotions suscitées par ces appropriations violentes dès le xixe siècle. À cet égard, et dans l’esprit des collecteurs de l’époque, il s’agit bel et bien de « tristes trophées » dont les sociétés européennes d’aujourd’hui sont encore les héritières ambigües.



