Les frontières dans la stratégie de la Résistance en France de 1940 à 1944

Référence bibliographique :

Guillaume Pollack, « Les frontières dans la stratégie de la Résistance en France de 1940 à 1944 », dans Ludovic Laloux, Frédéric Dessberg, Stéphane Palaude (dir.), Frontières en Europe depuis le congrès de Vienne (1815) : enjeux diplomatiques, stratégiques, militaires et économiques, Valenciennes, Presses universitaires de Valenciennes, avril 2021, pp. 211-224.

Auteur.e.s membre de l'UMR : Guillaume Pollack

Axe(s) de recherche : 4. Temps, traces et territoires de guerre

Présentation :

En 1940, les premières actions de résistance émergent dans des territoires différents, isolés, encerclés par des frontières. Les premiers résistants font face à une situation de cloisonnement total ou partiel — si celles-ci sont naturelles — ou d’enclavement s’il s’agit d’obstacles construits, comme ceux matérialisant dans l’espace et les représenta- tions la présence d’une ligne de démarcation. En 1944, dans un conflit devenu une « guerre-monde »4, les résistants achèvent de bousculer ces contraintes, et ce n’est pas le moindre de leur succès. Ils sont parvenus à se décloisonner et à se connecter à des territoires distants, à établir des moyens de communications transfrontaliers, réciproques et réguliers, que ce soit avec l’Angleterre, l’Espagne, la Suisse ou l’Afrique du Nord. La question centrale, ici, consiste à observer et à expliquer la manière dont la Résistance a pu briser ces frontières imposées par l’occupant, qui induisent séparation et distance entre les territoires, et établir des circulations internationales, transfrontalières, permettant l’acheminement de personnels ou de matériels que les nazis sont dans l’incapacité d’enrayer.