Lieux de coopération et de délibération, les institutions de première génération sont avant tout spécialisées, dans les secteurs économiques, industriels. BIE pour les grandes expositions internationales, BIPM pour la standardisation des poids et mesures… On parle alors « d’unions administratives« , précise Laurence Badel, auteure de “Diplomaties européennes, XIXe-XXIe siècles” (Presses de Sciences Po).

Dans le Pavillon de Breteuil, au sein du parc de Saint-Cloud, le Bureau international des poids et mesures est en effet le gardien du kilo, des unités de temps et du mètre. Un rôle essentiel dans notre économie globalisée… Pourtant méconnu.

 

Un Palais de l’Unesco « franchement moderniste« 

Une fresque signée Picasso pour accueillir les visiteurs… Au nouveau Palais de l’Unesco, à Paris, le béton côtoye les œuvres d’artistes les plus en vue : Joan Miró, Henry Moore, Alexander Calder. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée à Paris de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture vient renforcer le rôle de la capitale sur la scène diplomatique.

« Paris était l’une des rares villes à ne pas avoir été détruite pendant la guerre« , poursuit Laurence Badel. Par ailleurs, durant l’entre-deux-guerres, « Paris avait accueilli le siège de l’Institut international de coopération intellectuelle, que l’on peut présenter comme l’ancêtre de l’Unesco« . Pour le général de Gaulle, l’enjeu était enfin politique : il fallait « restaurer le prestige de Paris, à la suite de l’Occupation« , explique la chercheuse, auteure d’un article sur la « capitalité diplomatique« , publié dans la Revue historique (juillet 2022).

Pour construire ce nouveau siège, « franchement moderniste« , selon les Actualités françaises, on fait appel (notamment) à l’architecte Bernard Zehrfuss, à l’origine du Cnit de La Défense. Avant sa construction, l’organisation onusienne prend ses quartiers provisoirement dans un palace parisien : l’hôtel Majestic, dans le 16e arrondissement.

 

De Chaillot à la Porte Dauphine, la passage de l’Otan

Autre institution à prendre pied à Paris : l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, alliance militaire réunissant depuis 1949 des pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Son premier siège, provisoire, est situé entre le palais de Chaillot et la Seine. Un bâtiment que l’Otan quittera en 1959 pour la Porte Dauphine… Une parenthèse, en somme, puisque la France quittera le commandement intégré de l’Alliance atlantique en 1966.

OCDE, BIE, BIPM, Unesco… Parmi les ingrédients indispensables à réunir par la ville candidate en vue d’accueillir une organisation internationale : « des infrastructures matérielles très développées en matière de sécurité, de télécommunications, des infrastructures hôtelières« , énumère Laurence Badel. Des atouts largement réunis par Paris.