Diplomates et diplomaties en révolutions (XXe-XXIe siècles) – colloque (Nantes, mars 2026)
Depuis une vingtaine d’années, l’histoire des révolutions et des mouvements révolutionnaires a connu un regain d’intérêt sous l’influence de l’histoire transnationale et de l’histoire globale. Elle s’est principalement intéressée aux circulations des acteurs, des émotions révolutionnaires, mais aussi des mots d’ordre et des répertoires d’action. La révolution, que nous pourrions sommairement définir comme un changement brusque qui vient bouleverser l’ordre politique et social d’un État à la suite du soulèvement d’une partie de sa population, n’est ainsi plus seulement appréhendée à une échelle nationale, mais bien à une échelle mondiale.
La réflexion renouvelée sur la dimension transnationale des révolutions peut servir de point de départ aux historiens et historiennes des relations internationales pour réexaminer les phénomènes révolutionnaires des XXe et XXIe siècles, qu’ils aboutissent ou non, depuis les vagues des années 1910-1920 (Chine, Mexique, Russie, Allemagne, Hongrie, Italie) jusqu’aux révolutions dites du « Printemps arabe » des années 2011 et suivantes, en passant par les « révolutions » – du moins qui s’affichent comme telles – fasciste et nazie de l’entre-deux- guerres, par la révolution cubaine et ses répercussions latino-américaines, les révolutions nationalistes arabes des années 1950-1960, les révolutions africaines des années 1960- 1980, celles qui affectent l’Asie du Sud-Est durant la Guerre froide, ou encore la révolution islamique iranienne de 1979.
La question n’est pas nouvelle. Elle est depuis longtemps un objet d’études pour les politistes.
Ces derniers ont principalement étudié la manière dont les mouvements révolutionnaires qui prennent le pouvoir entendent non seulement contester l’ordre politique et social dans leur pays, mais aussi l’ordre international et ses principes. Ils se sont intéressés tout à la fois à la mise en place d’une « diplomatie révolutionnaire » qui ambitionne de transformer le système international, mais aussi à la manière dont ce dernier réagit et cherche à canaliser les États en rébellion.
Ces travaux, qui offrent des pistes de réflexion utiles et pertinentes, ont néanmoins privilégié une approche « par le haut », largement stato-centrée et théorique, à l’égard de laquelle le présent colloque souhaite faire un pas de côté, en s’inscrivant résolument dans une histoire sociale et culturelle de la diplomatie, de ses acteurs, de ses pratiques, de ses représentations, de ses valeurs et de ses interactions avec les sociétés en révolution. Dans la lignée des travaux de Virginie Martin sur les agents diplomatiques français en Italie durant la Révolution française, nous souhaitons interroger la manière dont les acteurs diplomatiques – au sens large du terme – appréhendent les phénomènes révolutionnaires durant un long XXe siècle.
Précisons que par « acteurs diplomatiques », nous entendons, outre les représentants officiels auprès des États et des organisations internationales, les consuls et agents consulaires, mais aussi les représentants officieux des mouvements révolutionnaires ainsi que tout acteur public ou privé qui se voit confier, explicitement ou non, une mission de politique étrangère.
C’est dans ces perspectives que nous souhaitons orienter les problématiques du colloque selon deux grands axes, qui pourront fournir matière aux contributions des intervenants.
- 1- Les perceptions et les pratiques des acteurs diplomatiques et consulaires en poste à l’étranger, pendant leur mission, face à une situation révolutionnaire;
- 2- Les comportements politiques des acteurs diplomatiques qui représentent un pays en proie à un bouleversement révolutionnaire.
Les propositions de communication devront porter sur une ou plusieurs de ces thématiques.
Elles pourront s’attacher à un acteur ou un groupe d’acteurs particuliers, ou privilégier une approche transversale et synthétique. Les interventions portant sur les diplomaties et les espaces extra-européens, ou qui mettront en évidence le rôle des femmes feront l’objet d’une attention particulière.
Les propositions de communication doivent être envoyées avant le lundi 1er septembre 2025 aux adresses suivantes : stanislas.jeannesson@univ-nantes.fr et nrousselot@univ- catholyon.fr
Elles ne devront pas excéder une page et seront accompagnées d’un court CV. Les communications seront faites en français. Le colloque donnera lieu à une publication. Dans la mesure du possible, les frais de transport et d’hébergement des intervenants seront pris en charge.
Ce colloque reçoit le soutien du Centre de Recherches en histoire internationale et atlantique (Nantes Université) et bénéficie de l’appui du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Organisateurs : Stanislas Jeannesson (Nantes Université) et Nathan Rousselot (UCLy)
Comité scientifique : Laurence Badel (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Agnès Chablat-Beylot (Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, centre des archives diplomatiques de Nantes), Olivier Compagnon (Université Sorbonne Nouvelle), Sabine Dullin (Sciences Po Paris), Sébastien Farré (Université de Genève), Justine Faure (Université de Lille), Stanislas Jeannesson (Nantes Université), Fabrice Jesné (Nantes Université), Pierre Journoud (Université Paul Valéry, Montpellier), Céline Pauthier (Nantes Université), Nathan Rousselot (UCLy), Clément Thibaud (EHESS).


