Vers une histoire cyborg des relations internationales ?

Date : Mardi, 24 mars, 2026 - 14:00

Type d'événement : Séminaire

Axe(s) de recherche : 1. Relations internationales, espaces et mondialisations

Participant.e : Laurence Badel

Adresse : 12, place du Panthéon, 75005 Paris, France

Programme en PDF : vers_une_histoire_cyborg_des_relations_internationales_-_conference_du_24_mars_2026_-_1-05a.pdf

Présentation :

Depuis 2017, Caroline Muller et Frédéric Clavert ont engagé des recherches sur les transformations du métier d’historien à l’ère numérique. S’interrogeant initialement sur ce qu’aurait pu être le livre d’Arlette Farge, le Goût de l’archive, s’il avait été écrit à la fin des années 2010, ils ont progressivement élargi leur enquête aux pratiques et usages des historiens et des historiennes en général. Ils en ont tiré un ouvrage collectif en ligne, Le goût de l’archive à l’ère numérique (https://gout-numerique.net – certains chapitres ont été publiés dans un numéro collectif de la Gazette des archives), puis un livre Écrire l’histoire. Gestes et expériences à l’ère du numérique (Armand Colin, 2025). 

▪ Caroline Muller présentera les principales hypothèses d’Écrire l’Histoire, en insistant en particulier sur la notion de pratique numérique discrète. Elle explorera ce qu’est aujourd’hui l’expérience de l’archive, des moteurs de recherche aux salles de lecture, y compris virtuelles, et la gamme d’outils de l’atelier de l’histoire : des appareils photos numériques et smartphones, des logiciels dits de « lecture distante » pour « lire » des sources de plus en plus abondantes. Au total, quelles sont les compétences désormais nécessaires à la réalisation d’une recherche en histoire contemporaine ? 

▪ Frédéric Clavert, issu de l’école franco-suisse d’histoire des relations internationales, proposera d’appliquer cette grille de réflexion à cette histoire. Il se posera la question d’une histoire des relations internationales par les données, où les archives numérisés et nativement numériques sont en passe de devenir les premières sources de l’histoire des relations internationales. Il se penchera également sur les dernières avancées dans le domaine des grands modèles de langue et leurs applications en histoire. C’est sur ce dernier point qu’il s’interrogera sur ce qu’est une histoire « cyborg ». 

Les deux intervenants développeront deux cas d’étude : la numérisation des archives de la Société des Nations d’une part, l’utilisation des archives du web pour l’histoire des relations internationales d’autre part. 

▪ Caroline Muller est maîtresse de conférence en histoire contemporaine à l’Université Rennes 2 et membre de l’IUF. Outre Écrire l’histoire, elle est spécialiste d’histoire du XIXe siècle, du catholicisme et du genre ; elle a publié Au plus près des âmes et des corps. Une histoire intime des catholiques au XIXe siècle (PUF, 2019). 

▪ Frédéric Clavert est professeur assistant en histoire européenne contemporaine au Centre for Contemporary and Digital History, Université du Luxembourg. Après sa thèse sur Hjalmar Schacht (Hjalmar Schacht, Financier et diplomate, PIE Peter Lang, 2006), ses recherches se sont, progressivement, orientées vers l’usage de sources nées numériques en histoire et memory studies. Il a récemment coordonné avec Sarah Gensburger un numéro spécial de Memory Studies Review  : « Is AI the future of collective memory? » (2024). 

Récemment, ils ont publié ensemble :

« L’histoire au temps des algorithmes. Une réflexion prospective sur l’introduction de l’intelligence artificielle en histoire au XXIe siècle », 20 et 21. 
Revue d’histoire, n°162, « Faire l’histoire du 21e siècle »

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