La Seconde Guerre mondiale en Afrique du Nord et au Moyen-Orient arabe.
Date : Jeudi, 24 novembre, 2022 - 08:00
Participant.e.s : Pierre Vermeren, Alya Aglan, Guillaume Denglos
Programme en PDF : affiche_et_prog_colloque_toulon_court-81e.pdf
Ce second colloque prolonge le précédent, organisé à Tunis et centré sur les thématiques « Guerre, société, mémoire » durant la période 1939-1945.
Après une première session consacrée aux sociétés arabes et coloniales en guerre d’Afrique du nord et du Moyen-Orient arabe, mais aussi sur la mémoire et la transmission des évènements relatifs à la deuxième guerre mondiale, le regard historique se portera vers les interactions entre les rives nord et sud de la Méditerranée au cours de la guerre, en prolongeant la guerre à l’immédiat après-guerre, 1948 en étant le terme. En quelques années, la Ligue arabe est créée au Caire, le Liban et la Syrie sont devenus indépendants, la guerre froide est née et la première guerre israélo arabe éclate au départ des Britannique de Palestine. Britanniques et Américains dominent la Méditerranée orientale de la Libye au Golfe, tandis que la France coloniale fait de la résistance coloniale active en Afrique du nord.
Cette période de mutations rapides et de transition vers le monde de la guerre froide place les colonisés et les élites maghrébines et moyen-orientales dans des conflits de loyauté inédits : qui est l’autorité légitime ? Qui peut gouverner et gouvernera demain ? Envers qui être loyal et à qui donner son soutien ? La guerre fait se succéder les acteurs : Allemands de l’Afrika Korps, Italiens fascistes puis antifascistes, vichystes, giraudistes, gaullistes, armée et pouvoir colonial britannique, Américains, nationalistes arabes et indépendantistes, élites « indigènes » associées à l’appareil colonial, militants communistes, sionistes et Frères musulmans, autorité onusienne en Libye etc. Les sources de la légitimité et du pouvoir se succèdent et se percutent, livrant les populations arabo-judéo-berbèro-kurdes, les sociétés coloniales et leurs élites à des incertitudes et à des choix douloureux et radicaux. Le maître du jour devient le proscrit du lendemain, et le fidèle soutien du pouvoir en place le « collabo » ou le traître d’après-demain.


