Pascal Schneider
Pascal Schneider, « Les cadres locaux du NSDAP dans les territoires annexés au IIIème Reich : les Ortsgruppenleiter d’Alsace et des Sudètes (1938 – 1945) », à Paris, dirigée pae Johann Chapoutot
C’est une étude sociographique et idéologique, qui se fait dans une perspective comparative entre des régions germanophones limitrophes de l’Allemagne, puis annexées au IIIème Reich, dans lesquelles il a existé de fortes influences des partis régionalistes, souvent antisémites, proches du NSDAP. Elle va essayer de montrer le rôle que peut jouer la marginalité de ces territoires et de ces sociétés régionales dans le processus politique régional et européen. On s’intéressera donc à la politique du « Auslandsdeutschtum » et la « Volkstumpolitik » du NSDAP, et de ses influences sur les territoires annexés.
La comparaison entre quatre arrondissements comparables des quatre territoires de l’étude permettra de mieux comprendre les influences qui ont pu agir sur leur adhésion. Cette dernière, de plus de 17 % dans les Sudètes, ne représente que 3 % en Alsace, tandis que la moyenne sur toute l’Allemagne est inférieure à 8 %. Mais l’acte, donc l’adhésion, est toujours la même volonté de faire partie de la puissance dominante et d’une élite restreinte, les membres du parti nazi.
Cette recherche permettra de voir s’il existe une homogénéité de ces territoires, ou peut-être à l’intérieur de ces régions des spécificités économiques ou religieuses par exemple, qui expliqueraient l’adhésion. A moins qu’il ne s’agisse de destins individuels, de personnes intimement convaincues à divers degrés, pour diverses raisons, par les idées du NSDAP, qui ont simplement fait la démarche de leur adhésion, sans l’influence familiale ou d’un groupe ou d’une spécificité sociologique. Faut-il chercher les raisons dans l’histoire particulière de chaque région, voire de chaque arrondissement, dans ses spécificités culturelles ? Il sera également question de l’opportunisme ou pas de certaines adhésions et du bénéfice qu’elle pouvait apporter.
Le cadre méthodologique est celui de la méthode quantitative, de la prosopographie, mais aussi et surtout de la comparaison avec des études de cas régionales issues des marges du IIIème Reich. En effet, pour mieux comprendre cette dictature moderne de l’Allemagne nazie et ces territoires excentrés, il faut partir de l’étude des marges (Alsace, Moselle, Eupen-malmédy et Sudètes) pour revenir au centre, et faire l’histoire du NSDAP.
« L’étude sociologique des membres du NSDAP dans les territoires annexés au IIIème Reich de 1938 à 1944 (Alsace, Moselle, Eupen-Malmédy, Sudètes). Exemple d’une prosopographie à l’échelle européenne », actes de la journée d’étude des doctorantes & des doctorants de l’École doctorale d’histoire moderne et contemporaine (ED 188) « Construire et maintenir un réseau. Biographie et prosopographie : individus et groupes sociaux en histoire« , Lettres Sorbonne Université, https://ed188.hypotheses.org/enquetes-3
« La construction d’un traumatisme collectif : le malaise alsacien face à la France et à l’Allemagne (1918-1953) », actes de la journée d’étude des doctorant.e.s l’UMR Sirice en Sorbonne « Traumatismes collectifs et relations internationales : quelles représentations pour quels effets ? », publié en ligne au printemps 2019.


