Journée d’études des doctorants de l’UMR SIRICE – Falsifications
Date : Mercredi, 26 novembre, 2025 - 08:00
Axe(s) de recherche : 1. Relations internationales, espaces et mondialisations, 2. Pratiques et cultures politiques, 3. L’Europe comme civilisation matérielle en transitions, 4. Temps, traces et territoires de guerre, 5. Genre et Europe (XIXe-XXIe siècle)
Participant.e.s : Adeline Afonso, Laure Bouglé-Bal dit Sollier, Elisa Steier
Programme en PDF : programme_falsifications-34f.pdf
Le point de départ du dernier ouvrage de l’historien Paul Bertrand – Forger le faux. Les usages de l’écrit au Moyen Âge (Seuil, 2025) – est le constat « d’une corrélation, ou du moins d’un lien, entre la révolution de l’écrit du XIIe et [celle] du XXIe siècle », révolution qui a entraîné dans les deux cas un essor des falsifications. Concernant le troisième millénaire, cette accélération a franchi une étape supplémentaire depuis la pandémie de covid-19 en 2020. Un retour historique nous apparaît donc nécessaire concernant notre époque contemporaine, afin d’analyser la prolifération des faux aux XIXe et XXe siècles, marqués par l’essor de nouvelles techniques de médiatisation. Plus qu’un examen théorique, nous invitons à l’étude des processus concrets et matériels qui conduisent à l’élaboration de faux.
La falsification est l’acte de modifier délibérément quelque chose dans le but de tromper, ce qui s’apparente à un truquage ou à une supercherie. La modification peut être une altération ou une dénaturation, par exemple une idée, un texte ou encore une identité. Le faux constitue le résultat de la falsification. Dans l’introduction de leur ouvrage Faux et usage de faux, Philippe Blaudeau et Véronique Sarrazin soulignent la validité de cette définition dans de nombreuses langues, qu’il s’agisse de l’anglais avec les termes forgery ou falsification, ou de l’allemand Fälschung qui désigne la contrefaçon. Tous ces termes viennent du latin fabrica, qui signifie l’atelier.
Dans de nombreuses disciplines, la falsification est un objet d’étude récurrent, en particulier en sociologie, en droit et en histoire de l’art. En histoire, ce thème a été principalement étudié par les historiens modernistes, à la suite d’Anthony Grafton et de l’ouvrage collectif d’Olivier Poncet Juger le faux (Moyen Âge – Temps modernes), et médiévistes, notamment dans le cadre de deux récentes publications. En histoire contemporaine, il s’agit moins souvent d’un objet d’étude en soi, même si quelques travaux collectifs ont été publiés, notamment un numéro de la revue Extrême-Orient Extrême-Occident dirigé par Emmanuel Poisson, que d’un angle d’analyse, utilisé par exemple pour proposer une relecture de l’apparition d’un nouveau régime de vérité pendant la Grande Guerre ou encore la Russie de Vladimir Poutine et sa politique extérieure. Il n’y a pas de synthèse en histoire contemporaine sur la falsification.
La journée d’étude « Falsifications » invite donc à étudier ce phénomène à l’époque contemporaine, toutes aires géographiques confondues. Constatant l’actualité de cette thématique pour la période contemporaine, nous invitons les contributrices et les contributeurs à se centrer sur l’histoire contemporaine et à s’interroger sur les conditions, les causes et les conséquences de la production des faux.
- Axe 1 : Fabriques du faux
- Axe 2 : Finalités de la falsification, de l’individu aux régimes politiques
- Axe 3 : D’une simple supercherie à la transformation de la société : les multiples conséquences de la falsification
Comité scientifique : Alya Aglan (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Olivier Dard (Sorbonne Université), Hélène Harter (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Christina Wu (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Comité d’organisation : Adeline Afonso (Sorbonne Université), Laure Bouglé-Bal dit Sollier (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Charlène Fudaly (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Elisa Steier (Sorbonne Université) et Paul-Antoine Tugayé (Sorbonne Université)
Inscription via https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfnqOQPHwdLWb_jys0-500sZ053pQ-pZP-5K_GD3BJvE9uBoQ/viewform


