Andrew Diamond

Axe(s) de recherche : 1. Relations internationales, espaces et mondialisations, 2. Pratiques et cultures politiques, 3. L’Europe comme civilisation matérielle en transitions

Domaine de recherche : Histoire des États-Unis contemporains, Histoire urbaine , Histoire du capitalisme , Histoire des relations raciales, Histoire du mouvement environnemental
Présentation :
  • Professeur d’histoire et civilisation américaines, UFR Études Anglophones, Sorbonne Université depuis 2012
  • Membre associé du Centre d’Études Nord-Américaines (CENA-Mondes Américains/UMR 8168), École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

Mes recherches s’articulent autour de deux grands axes : l’histoire des relations raciales et des mobilisations politiques et sociales aux Etats-Unis au XXe siècle et l’évolution des villes américaines depuis la Seconde Guerre mondiale. L’une des tensions communes à ces deux axes est le rôle des identités et idéologies raciales sur la longue durée. Outre cet accent mis sur la question raciale et identitaire, trois orientations générales influencent l’ensemble de mon travail de recherche : dans chacun de mes travaux, j’ai mis l’accent sur l’analyse des liens entre pouvoir et gouvernance, la mise au jour des enjeux de pouvoir sur le terrain culturel et l’intégration du quotidien dans une interprétation élargie du politique.

Ma seconde monographie, Chicago on the Make : Power and Inequality in a Modern City, paru en 2017 à University of California Press (421 pages) retrace l’évolution de Chicago depuis la fin du XIXe siècle. Se concevant comme une « histoire du présent », mon étude se confronte à deux dimensions essentielles de l’histoire de la ville qui continuent de peser sur la situation actuelle : 1) la longue histoire de ségrégation et d’inégalités raciales qui a divisé la ville entre des ghettos noirs défavorisés, des quartiers blancs riches et des espaces interstitiels où habite surtout un mélange d’hispaniques latinos, d’immigrés et de blancs ; et 2) les plus de quarante années de gouvernement autocratique de la « machine politique », sous la houlette du maire Richard J. Daley (1955-1976) puis de son fils Richard M. Daley (1989-2011), qui ont marqué la culture politique et les modes de gouvernance de la ville. Mon étude s’inscrit dans le champ des études du tournant néolibéral des sociétés urbaines depuis les années 1970 mais elle renouvelle l’historiographie en plaçant la politique raciale locale au coeur d’un récit sur la longue durée. Cette nouvelle histoire de Chicago met au jour le rôle crucial joué par les questions raciales dans l’évolution des mentalités des habitants de Chicago : autrement dit, la politique de la « race » est ce qui, concrètement, a attiré les habitants dans la sphère politique et a donné naissance à des sentiments, sensibilités et idées qui ont joué un rôle essentiel dans la socialisation de la génération des années 1970 et 1980, préparant ainsi la voie à l’acceptation des formes néolibérales de gouvernance. Ma recherche examine les conséquences sociales, politiques et culturelles de la transformation de Chicago en un « état entrepreneurial » caractérisé par la déréglementation, l’austérité fiscale, la sous-traitance des services municipaux, l’adoption de solutions fondées sur le libre-marché à des problèmes publics et une vision des habitants de la ville comme des consommateurs (plutôt que des citoyens). S’appuyant sur les travaux d’autres chercheurs, ma recherche met en évidence l’impact du néolibéralisme dans les quartiers de grandes villes sur la longue durée en montrant les origines du processus de néolibéralisation dans le premier XXe siècle puis le rôle clé joué par le milieu des années 1950. Mon travail permet ainsi de remettre une approche historique dans un champ largement dominé par les sociologues, les géographes et les politistes.

Mon projet actuel porte sur l’histoire du mouvement environnementaliste urbain aux États-Unis entre les années 1960 et 1990. 

 

 

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