Soutenance de thèse d’Adeline Morais Afonso – « Les premières années du Portugal dans les Communautés européennes : l’émergence de l’euro-atlantisme (1986-1992) »

Date : Vendredi, 28 novembre, 2025 - 08:00

Type d'événement : Soutenance

Axe(s) de recherche : 1. Relations internationales, espaces et mondialisations

Participant.e : Adeline Afonso

Adresse : 108, boulevard Malesherbes, 75017 PARIS, France
Présentation :

Soutenance de thèse de Doctorat d’Adeline MORAIS AFONSO.

Cette thèse de doctorat en régime de cotutelle internationale entre Sorbonne Université et l’Universidade Nova de Lisboa a été préparée sous la direction des professeurs Laurent WARLOUZET et Nuno SEVERIANO TEIXEIRA.

Le jury de soutenance est composé de :

Mme Laurence BADEL, Professeure des Universités, Université Panthéon-Sorbonne I
Mme Alice CUNHA, Professeure associée habilitée à diriger des recherches, Universidade Nova de Lisboa
Mr. Olivier FORCADE, Professeur des Universités, Sorbonne Université
Mme Guia MIGANI, Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches, Université de Tours
Mr. Nuno SEVERIANO TEIXEIRA, Professeur des Universités, Universidade Nova de Lisboa
Mr. Laurent WARLOUZET, Professeur des Universités, Sorbonne Université

Résumé de la thèse: 
Pendant près de cinq siècles, la politique étrangère portugaise est marquée par une dichotomie entre l’Europe et l’Atlantique. Face à la constante « menace espagnole » pour la survie de la nation, les Portugais recherchent une compensation maritime avec l’empire colonial et développent une alliance stratégique avec la « grande puissance maritime » – la Grande-Bretagne, puis les Etats-Unis. A partir de 1945, le Portugal se rapproche progressivement de l’Europe par pragmatisme économique en essayant de trouver une forme de complémentarité entre l’Europe et l’empire colonial. Mais la Révolution des Œillets en 1974 et le processus de décolonisation marquent le début d’une période de transition entre l’ancien modèle « classique » de la politique étrangère et le modèle « démocratique ». Cette thèse défend que cette phase de transition ne s’achèvent pas avec l’adhésion du Portugal dans les CE en 1986 mais qu’elle se poursuit au cours des premières années de participation communautaire. Alors que les négociations de l’adhésion (1977-1985) sont toujours marquées par le même pragmatisme économique – même s’il est aussi question de consolider la démocratie grâce au rapprochement avec l’Europe – la fin de la Guerre froide et la relance de la construction européenne entre la fin des années 1980 et début des années 1990 influencent progressivement les perceptions nationales et permettent l’émergence d’une orientation euro-atlantique en matière de politique étrangère. Grâce à un cadre théorique (APE et théories de l’intégration européenne) et conceptuel (européanisation et small states) issus des Relations Internationales et à une approche historique basée sur la consultation d’archives européennes, portugaises, britanniques et françaises, cette thèse met en lumière la perception portugaise du risque de périphérisation au sein des Communautés européennes qui pourra se produire à moyen et long terme après l’adhésion progressive des pays d’Europe centrale et orientale. Cela conduit à la définition d’une double stratégie complémentaire, l’euro-atlantisme, à partir de la première présidence portugaise du Conseil en 1992 : rejoindre le « noyau dur » des Communautés et affirmer des éléments de l’axe atlantiste comme une forme de distinction – par les relations transatlantiques et avec le monde lusophone.